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Bouger pour comprendre - Jouer pour apprendre

Impro solo ou comment se booster seul ! L'oeil de Julie

... oui, l'impro, ça se travaille aussi en solo

À l’école Tadam, j’ai remarqué une chose : quand arrivent les vacances, mes élèves sont souvent un peu perdus : « On fait quoi en attendant ? » Comme si l’impro n’existait qu’au sein du collectif, dans le cadre rassurant des ateliers.

Alors oui, l’improvisation, c’est collaboratif. Oui, ça se construit à plusieurs, dans l’écoute, le rebond, l’interaction. Mais c’est aussi une discipline qu’on peut nourrir seul·e. Et même qu’on doit nourrir seul·e, pour que le plaisir du collectif soit encore plus fort.

C’est en réfléchissant à ça que j’ai créé un vrai cahier de vacances de l’improvisateur. Oui, oui, un vrai cahier, comme ceux qui nous cassaient les bonbons quand on était petit·e… sauf que celui-ci est pensé pour rire, pour stimuler, pour jouer. Et, entre nous, chut : chaque élève de l’école Tadam en a reçu un. C’est notre petit secret.
C’est en le préparant pour bichonner mes élèves que j’ai eu envie d’écrire cet article.

Alors, comment stimuler son improvisateur·rice intérieur·e quand on est seul·e, loin de la troupe ?

Me montrer curieux·se

Être improvisateur·rice, c’est d’abord nourrir son regard et son oreille.
Lire, écouter, regarder, observer. Tout est matière à jeu.

  • Lire des romans, des BD, des articles... Et chercher à en comprendre la structure narrative, se laisser surprendre par les intrigues, les cliffhangers... 

  • Regarder des films, des séries, analyser les personnages, leurs relations, leurs contradictions, leurs richesses. 

  • Aller au théâtre, sentir la vibration du vivant, des émotions, du souffle, de l'instant.

Chaque livre, chaque film, chaque spectacle est une réserve de matière brute pour mes futures impros.

Stimuler mon imaginaire

Mon imaginaire est mon plus grand complice. Et comme un muscle, il a besoin de s’échauffer.

  • Écrire des histoires avec contraintes : un mot imposé, une fin absurde, un dialogue à la manière d’un genre. Participer à des ateliers d'écriture ou se poser de petits défi personnels pour quelques lignes est un excellent exercice. 

  • Inventer des vies aux gens croisés dans la rue, transformer une silhouette en héros romanesque, un geste banal en indice d’une enquête palpitante, un lieu en décor de film... Je m'installe régulièrement dans des lieux publics seule pour regarder passer le monde et me laisser imprégner par tout ce qu'il inspire. 

Entraîner ma spontanéité

La spontanéité n’est pas un don tombé du ciel. Elle s’exerce. Elle se muscle.

  • Faire des listes le plus vite possible, sans réfléchir : prénoms inventés, objets insolites, excuses absurdes, pays imaginaires, métiers farfelus... 

  • Jouer au « et si ? » : et si la voisine du dessus était espionne ? Et si je parlais en rimes toute une journée ?

Habiter mon corps

Improviser, ce n’est pas que parler. Mon corps aussi raconte. Il respire, il bouge, il crée des personnages sans un mot.

  • Changer ma démarche : marcher comme un vieux capitaine, comme un enfant pressé, comme si le sol était brûlant. Sur un morceau de musique, chercher à mettre en mouvement le corps comme il ne bouge jamais. 

  • Explorer ma voix : parler plus aigu, plus grave, plus lentement, comme un personnage de dessin animé. Imiter des voix de radio, de film... 

  • Mimer une émotion sans la nommer, juste par la posture, par le regard, par l’énergie.

Mon corps est mon premier instrument.

 

Explorer mes émotions

Improviser, c’est aussi oser sentir. Oser traverser une émotion et la partager.

  • Revivre un souvenir et explorer l’émotion qu’il transporte.

  • Écouter une musique et se laisser traverser : que me fait-elle ? Qu’est-ce qu’elle réveille en moi ? Quelle histoire me raconte-t-elle ?

Pourquoi tout ça ?

Parce qu’improviser, ce n’est pas seulement « attendre le prochain atelier ». C’est une manière de se relier au monde, de le regarder autrement, de s’y engager avec curiosité, avec inventivité, avec audace.

Mon fameux cahier de vacances de l’impro n’est qu’un prétexte pour le rappeler à mes élèves : l’impro ne prend pas de vacances. Elle se cache dans un roman, sur un trottoir, dans une chanson, dans un silence.

Et si, au fond, la meilleure manière de progresser en impro, c’était tout simplement d’apprendre à la vivre, partout, tout le temps ?

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